
Shar-Pei
Le Shar-Pei (沙皮, « peau de sable », FCI 309) est un molosse chinois de taille moyenne, 44 à 51 cm au garrot pour 18 à 30 kg, originaire de la province de Guangdong, ville de Dialak. Quasi-éteint sous Mao — estimé à moins de 60 individus en 1973 —, il a été sauvé par un appel international relayé depuis Hong Kong et figurait dans le Guinness Book comme « race la plus rare au monde » en 1978. Trois traits anatomiques lui sont propres : une peau abondamment plissée (très marquée chez le chiot), une langue bleu-noir partagée seulement avec le Chow-Chow, et de petites oreilles triangulaires plaquées vers l'avant. Son espérance de vie de 8 à 11 ans est réduite par des pathologies génétiques sévères, dont la Familial Shar-Pei Fever (FSF) affectant environ 25 % des sujets.
- Poids
- 18 à 30kg
- Hauteur
- 44 à 51cm
- Espérance de vie
- 10ans
- Coût mensuel
- 90 à 160€
Profil de personnalité
Notes attribuées sur des axes mesurés, seuil de confiance de la donnée : élevé.
Vivre avec un Shar-Pei
Description
Silhouette trapue et compacte, couverte de plis cutanés abondants chez le chiot qui se relâchent partiellement chez l'adulte, subsistant surtout à la tête, au cou et aux épaules. Trois variantes de pelage existent : le Horse coat (très court, dur, piquant comme du crin), le Brush coat (court à 2,5 cm, plus souple), et le Bear coat (long, non reconnu par le standard FCI). La robe est unie — crème, fauve, rouge, brun, noir — sans marques ni panachures. Les mâles atteignent 25 à 30 kg, les femelles restent généralement sous 23 kg ; la morphologie dense masque son gabarit modéré.
Tempérament
Calme et indépendant : il n'est pas démonstratif et peut passer la journée sans solliciter attention ni jeu. Son attachement va principalement vers un seul maître ou un cercle familial restreint — les inconnus sont accueillis avec une méfiance structurelle qui ne s'efface pas avec la seule socialisation. Avec les enfants, la prudence et une supervision constante sont indispensables : son héritage de chien de combat lui confère une faible tolérance à l'agitation et aux gestes brusques. Sa tolérance envers les autres chiens est très réduite — les confrontations entre mâles notamment sont fréquentes et sévères.
Éducation
Il apprend lentement, non par manque de compréhension mais par désintérêt pour l'obéissance — son indépendance est constitutive, pas un défaut à corriger par la contrainte. Les séances courtes (10 à 15 minutes), répétées, avec récompenses alimentaires de haute valeur donnent de meilleurs résultats que les sessions longues. La socialisation dès 8 semaines est déterminante : un chiot non exposé à des contextes urbains, enfants et autres animaux devient un adulte imprévisible de 25 kg. L'éducation en club canin avec un instructeur expérimenté en races molossoïdes indépendantes est fortement conseillée pour les maîtres novices.
Alimentation
200 à 300 g de croquettes premium medium-breed par jour pour un adulte de 20 kg, en deux repas fractionnés, avec un indice glucidique faible pour limiter les inflammations cutanées — la race est prédisposée aux allergies alimentaires, particulièrement au blé et au maïs. Un régime sans céréales ou à protéine unique (agneau, canard, saumon) est souvent recommandé par les dermatologues vétérinaires. Glucosamine et acides gras oméga-3 dès 4 ans pour prévenir la dégradation articulaire. Surveiller le poids strictement : le surpoids aggrave la dysplasie et accentue les difficultés respiratoires liées à la face courte.
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Conditions de vie
Il s'accommode d'un appartement si ses besoins en exercice modéré (30 à 45 minutes de marche quotidienne) sont assurés, mais la chaleur constitue une contrainte réelle : les températures au-delà de 25 °C lui sont pénibles, sa face courte et ses narines souvent étroites limitant la thermorégulation par halètement. Il faut impérativement lui ménager un espace frais et ombragé en été, éviter les sorties aux heures chaudes et ne jamais le laisser en voiture. Son instinct territorial rend la vie en promiscuité canine (refuge, dog park) déconseillée.
Entretien & toilettage
Les plis cutanés exigent un nettoyage hebdomadaire minutieux entre chaque repli pour éliminer l'humidité résiduelle et prévenir les dermatites bactériennes et levures — particulièrement en été. Le pelage court (Horse coat ou Brush coat) se brosse en 10 minutes par semaine, mais le séchage complet après le bain est critique : un pli humide peut développer une infection cutanée en 24 heures. Les oreilles plaquées doivent être vérifiées et nettoyées toutes les deux semaines. Le Bear coat, non standard, demande un entretien accru comparable à celui d'un poil long.
Santé
L'espérance de vie, 8 à 11 ans, reste inférieure à la moyenne des molosses de gabarit comparable, en raison de plusieurs pathologies génétiques sévères. La Familial Shar-Pei Fever (FSF) — fièvres récurrentes épisodiques sans cause infectieuse identifiée — touche environ 23 à 25 % des sujets et peut évoluer vers une amyloïdose rénale ou hépatique, première cause de mortalité prématurée dans la race. L'entropion (repliement des paupières vers l'intérieur frottant la cornée) présente une prévalence de 30 à 40 % et nécessite une correction chirurgicale fréquente avant l'âge d'un an pour éviter les ulcères cornéens. S'y ajoutent les otites chroniques (canal auditif étroit, oreilles plaquées), la démodécie et les allergies cutanées (les plis retiennent humidité et bactéries), l'hypothyroïdie et la dysplasie de hanche ou de coude — un suivi vétérinaire régulier et des éleveurs réalisant les tests ADN FSF sont non-négociables.
Histoire de la race
Le Shar-Pei est une race ancienne chinoise de la province de Guangdong, dont des statues funéraires Han datant de 200 av. J.-C. représentent déjà sa morphologie caractéristique à peau plissée. Utilisé pour la garde de bétail, la chasse et les combats de chiens, il a survécu plusieurs siècles dans la ville de Dialak et ses environs. Sous le régime maoïste, les chiens domestiques furent taxés comme « luxe bourgeois » et massivement éliminés : la population était estimée à moins de 60 individus en 1973. Cette année-là, Matgo Law, éleveur basé à Hong Kong, publia un appel urgent dans le magazine américain Dogs Magazine, déclenchant un afflux de dons et d'importations vers les États-Unis. En 1978, le Guinness Book of World Records le répertoria comme la race la plus rare au monde. La population mondiale a été reconstituée depuis, mais la base génétique étroite explique la fréquence élevée des pathologies héréditaires encore observée aujourd'hui.
Pour préparer l'arrivée d'un Shar-Pei
Cinq essentiels à prévoir avant le premier jour.
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FAQ : Shar-Pei
Sources
- FCI Standard No 309 — Shar-Pei · FCI breed standard 309, Group 2 Pinscher and Schnauzer — Molossoid and Swiss Mountain and Cattledogs
- Société Centrale Canine — Shar-Pei · SCC fiche officielle race Shar-Pei, Groupe 2
- AKC Breed Profile — Chinese Shar-Pei · AKC Chinese Shar-Pei breed profile, Non-Sporting Group
FCI, Fédération Cynologique Internationale, organisation mondiale qui codifie les standards de race depuis 1911. Numéro FCI 309 attribué au Shar-Pei.
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